publié dans le magazine "Vous et Votre Avenir" en Mai 2003
Les enseignements de différentes cultures et religions sont contenus dans les 22 arcanes majeurs. Or, toutes ces sources de connaissances sont imbriquées les unes dans les autres : vous le constaterez par vous-même, c’est absolument phénoménal qu’autant d’informations soient compilées en seulement 22 lames ! Aucun ordinateur aujourd’hui ne serait capable de coder autant de données en aussi peu de cartes. Nous verrons également que les différentes notions et leurs significations naissent systématiquement de l’association de deux éléments contenus dans le Tarot. Nous retrouverons soit deux symboles dans une seule lame, soit un symbole dans deux lames. Quoi qu’il en soit, sachez que tout va par 2 dans le Tarot, c’est une des Lois régissant la manière dont il fonctionne !
Essayons à présent de voir plus en détail quelles sont ces différentes cultures et religions qui sont présents dans le Tarot de Marseille. Nous vous proposons de voyager à travers les époques, dans différentes religions et cultures, grâce au Tarot de Marseille restauré…
Commençons par l’Égypte ancienne. Le Mat est sans numéro alors que les autres arcanes majeurs sont numérotés de un à 21. Il s’agirait donc d’une carte qui doit être considérée à part. Il représente tantôt à pèlerin, tantôt un guide, qui se déplace et nous accompagne sur le chemin composé des 21 autres cartes. En effet, la méthode Philippe Camoin présente les 21 arcanes majeurs placés en trois rangées de 7, constituant un sentier sur lequel la carte du Mat est en mouvement vers l’avant. Précisément, cette vision concorde avec le mythe d’Anubis, Dieu égyptien accompagnant l’âme humaine dans son voyage vers le Jugement. Et c’est justement le nom de l’avant-dernière étape (lame XX) sur le chemin du Mat. Une autre série de points communs s’ajoute à cette _ frappante similitude. Anubis est généralement représenté par un homme à tête de chien, qui tient un grand bâton dans la main droite et un petit bâton recourbé dans la main gauche. Il se tient habituellement de profil, imprimant un mouvement de marche vers l’avant. Or, sur la carte du Mat, figure aussi un homme de profil, marchant vers l’avant, paré des mêmes attributs et accompagné… d’un chien !
Les mythes de la Grèce antique sont aussi présents dans le Tarot. Comme celui de Thésée qui décide de tuer le Minotaure : monstre à corps d’homme et à tête de taureau. C’est grâce au fil donné par Ariane qu’il parvient à sortir du labyrinthe. Cette légende apparaît dans les deux derniers arcanes du Tarot nous voyons le labyrinthe rouge dans le Jugement (XX), duquel sort le héros à peau bleue, qu’on peut associer à Thésée. Ensuite, dans le Monde (XXI) la lame adjacente, nous voyons une tête de taureau, en bas à gauche, ainsi qu’une jeune femme au centre. Il est stupéfiant de constater qu’ils regardent vers le personnage sortant du labyrinthe ce sont le Minotaure et Ariane observant tous les deux la scène où Thésée se libère de l’épreuve !
Pour Philippe Camoin, lire le tarot pour quelqu’un, c’est d’abord donner à cette personne un fil d’Ariane pour lui permettre de sortir de son labyrinthe personnel…
Un autre symbole apparenté à la Grèce antique dans le Tarot est le cyclope. Cet être à l’œil unique représentait l’initié à la vision spirituelle. Nous le retrouvons sur deux cartes : le Pape (V) et le Jugement (XX). En effet, regardons attentivement les deux petits personnages aux pieds du Pape et le personnage bleu du Jugement et imaginons qu’ils nous font face… Ils présentent tous les trois une étrange tête ayant l’aspect d’un œil !
Citons un dernier exemple relatif à la Grèce : dans la Roue de Fortune (X), on voit apparaître un sphinx ailé. qui appartient au patrimoine de l’Antiquité grecque, marseillaise et assyrienne. Contrairement à la croyance populaire, on ne le retrouve pas en Égypte. où le sphinx n’a pas d’aile ! Notons que Marseille était une colonie grecque fondée il y a 2600 ans, sous le nom de Massalia, il est donc intéressant de trouver la trace du Sphinx ailé dans le Tarot…
Parlons à présent du shintoïsme, une religion du Japon qui respecte les autres religions. Les Japonais croient aux esprits de la nature et considèrent que Dieu est une femme. Ils n’ont donc aucune difficulté à comprendre I’essence de la carte du Monde : c’est-à-dire la divinité représentée ici (XXI) par une femme ! A l’entrée de certains temples shintoïstes, il y a deux colonnes, que I’on retrouve abondamment dans le Tarot notamment sur les lames I, ll, V, VII, X, XII. Sur chacune des deux colonnes de ces temples japonais est posée la statue d’un chien-lion : le komaïnu. Un des deux a la bouche ouverte, l’autre a la bouche fermée. Ils sont les gardiens du lieu sacré. Observons que nous retrouvons deux lions dans le Tarot (XI et XXI) : le premier a la bouche ouverte et le second a la bouche fermée. Nous voyons aussi apparaître le chien sur deux lames (I et XVIII), une fois la bouche fermée et deux fois la bouche ouverte sur la Lune. Remarquons à nouveau, que le symbole du Komaïnu est retrouvé dans le Tarot par l’association de deux éléments : le chien et le lion. Ces deux gardiens, dans la culture japonaise, prononcent ensemble le son AUM. Celui ayant la bouche ouverte l’entamant avec le A, et celui à la bouche fermée y mettant fin avec le M.
Faites l’essai ! L’émission vocale du son AUM commence la bouche ouverte et se termine la bouche fermée… AUM est le son primordial à la base de tous les mantras chantés par les moines orientaux. C’est le symbole de la combinaison des énergies supérieures.
La religion hindouiste est basée sur une multitude de dieux qui sont autant d’aspects différents du divin. Krishna et Shiva sont des dieux à la peau bleu clair. On songe évidemment tout de suite à l’être ressuscité dans la carte du Jugement (XX).
La Bhagavad-Gita des hindous raconte le dialogue entre Krishna, le fils de Dieu et Arjuna, représenté généralement sur son char orné d’un baldaquin, tous deux sur le champ de bataille. La lame du Chariot (VII) nous montre précisément un guerrier sur son char. Nous vous invitons à regarder avec attention le dais étoilé au dessus de sa tête, qui fait étrangement penser aux chars hindous…
Poursuivons avec les moines shivaïtes, qui ont traditionnellement trois traits horizontaux peints sur le front. C’est la marque de l’initié, et on la retrouve également sur le front de l’Hermite (VIIII), ainsi que sur le torse de l’un des petits personnages dans la carte du Diable (XV) ! Dans la religion hindoue également, le mythe de l’œil de Shiva parle de l’œil intérieur qui va s’ouvrir chez l’initié, jusqu’à lui permettre d’embrasser dans sa conscience la vision du cosmos. C’est ce que nous retrouvons dans la carte du Monde (XXI) : en la regardant horizontalement, l’ovale bleu clair évoque la forme d’un œil, entouré par les quatre constellations du Taureau, du Lion, du Verseau (ange) et du Scorpion (aigle). Chez les égyptiens ce mythe porte le nom d’œil d’Horus, et il existe également chez les Tibétains sous le nom d’œil de Dangma.
Passons enfin à la présence incontournable du christianisme dans le Tarot. Outre la relation évidente avec la lame de la Maison Dieu (XVI) et celle du Pape (V), ainsi que la présence de plusieurs anges et chérubins, nous pouvons également voir dans la Maison Dieu une représentation de la tour de Babel. De même, la carte de l’Hermite (VIII) nous fait fortement penser à Moise tenant son bâton prêt à se transformer en serpent. Il est également difficile de ne pas comparer le paysage de la carte de l’étoile (XVII) au jardin d’éden, avec Ève agenouillée. Une des concordances les plus frappantes est le thème de la Résurrection, mis en scène sur le Jugement (XX) qui nous montre un cimetière rouge duquel émergent trois personnages ! Enfin, la carte du Monde est I’exacte représentation du Christ en Majesté présente sur le frontispice des cathédrales européennes, à la différence que l’on retrouve une femme à la place du Christ barbu….
Vous aurez probablement été frappés par la multitude de significations que peut revêtir une seule lame du Tarot de Marseille. Les exemples qui vous ont été présentés brièvement ici ont été choisis expressément parmi les plus simples et les plus parlants, afin de vous faire partager le large éventail de connaissances que nous offre Philippe Camoin à travers ses révélations. Nous avons vu par exemple que la carte du Jugement faisait référence à l’Égypte et à la Grèce antiques, ainsi qu’a l’hindouisme et au christianisme. Une seule lame qui mêle des cultures distinctes, avec autant de précisions dans un dessin apparemment si simple… Ce sont les mystérieuses richesses que le travail de Philippe Camoin nous offre : la plupart des symboles ne peuvent être observés que sur le jeu de Tarot Camoin. Le Tarot restauré regorge de concordances, toutes plus riches les unes que les autres et dont certaines sont extrêmement complexes à développer. Ces explications font l’objet de conférences et de séminaires partout dans le monde. Les cours s’adressent à toute personne désireuse de s’instruire sur cette Science nouvellement restaurée, enfin rendue accessible à tous.
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